briga

Résultats de la fouille préventive du Mont Vitot à Eu “L'Orée du Bois”

plan

La zone fouillée se situe aux confins du département de la Seine-Maritime, sur la commune d'Eu (arrondissement de Dieppe, chef-lieu de canton), au lieu-dit "L'Orée du Bois" / “Au-dessus du Bois du Parc“, localisé au sud-ouest du territoire eudois. L'altitude oscille entre 80 et 83 mètres, en rebord de plateau. La fouille a été réalisée par le service municipal d'archéologie de la ville d'Eu du 4 décembre 2006 au 28 février 2007.

Le diagnostic ayant révélé des vestiges fossoyés et des structures en creux, attribuables à la fin de l'âge du Fer et au Haut-Empire, il s'agissait pour cette opération de dresser un plan de masse du site, d'essayer de préciser la fonction des installations encloses et leur organisation et d'en proposer un phasage.

Un établissement agricole gaulois et gallo-romain

La ferme initiale (Etat I vers 200/150 à 60 environ av. n. è.) présente un enclos principal trapézoïdal, doublé sur sa face Nord, délimitant une cour de plus de 3 400 m². Les annexes périphériques offrent un système d’emboîtement d’enclos quadrangulaires (Enclos I, Va, Vb, VI), dont l’état d’arasement ne permet pas de préciser les fonctions (parcage, vergers, potagers…). Le mobilier recueilli et les critères logiques d’organisation ne permettent pas d'affiner le phasage proposé. De ce fait, l'organisation spatiale à l'intérieur de l'enclos principal et l'évolution de cet établissement rural sont difficiles à appréhender. Seul un accès est matérialisé à l’est de l’enclos VI par l'interruption de fossés. Aucun aménagement d'éventuels passages dans l'environnement immédiat des fossés n'a été observé. Deux zones de concentrations de mobilier, angles Ouest et Est de l’enclos principal, permettent d'envisager la présence d'habitations dans ce secteur. A l'ouest, les structures en creux fortement arasées (dont quelques trous de poteau) apparaissent sans réelle organisation. Un autre habitat peut être envisagé au sud-ouest (Enclos VII), qui s'organiserait en dehors de l’emprise fouillée.

Deux petits ensembles funéraires à incinérations de cinq et onze tombes, à l’angle Ouest de l’enclos principal (Enclos VIII) et à l’angle Est de l’enclos VI (Enclos IX), délimités par des petits fossés, se rattachent à cette grande phase. Ils suggèrent la présence de deux groupes humains distincts. Le premier à l'ouest (Enclos VIII) peut être rattaché aux structures à l'angle Ouest de l'enclos principal. Le second (Enclos IX) peut voisiner un autre habitat, qui se développerait alors hors emprise vers le nord-est. Les pratiques funéraires se rapportent à celles de cette époque, bien attestées à l'ouest du territoire belge, à savoir incinérations avec dépôt en tas ou en contenant périssable des restes des défunts dans la fosse, accompagné d’un viatique composé de quelques céramiques et d'erratiques éléments de parure et d'outils métalliques. Les offrandes alimentaires et végétales ne sont pas conservées.

A la fin de La Tène finale et au début du règne d’Auguste (Etat II, vers 60/50 – 20/10 av. n. è.), la ferme est recentrée en un vaste enclos trapézoïdal de plus de 5 800 m², englobant l’enclos principal de l’état précédent (Enclos II). Un accès est ménagé à l’est. Si l’enclos funéraire Est est encore en fonction, celui à l’ouest ne l’est plus. Néanmoins, le contournement de ce dernier traduit une volonté de respect de ce champ de repos, encore matérialisé dans le paysage à cette époque ou connu par tradition orale.

mobilier

Aucun parcellaire ou chemin n’a été mis au jour dans l’environnement de ces occupations, à l’exception d’une amorce de parcellaire à l’Etat III.

De la fin du Ier siècle avant notre ère à la deuxième moitié du IIe siècle, l’occupation agricole demeure délimitée par des fossés (Enclos IV). Elle se recentre et se resserre sur les enclos principaux des deux états antérieurs, délimitant une cour trapèzoïdale de 3 300 m² environ. Les quelques structures en creux de cette période permettent de percevoir un petit bâtiment sur six poteaux au nord de l'enclos. Les aménagements internes conservés ne présentent pas d'organisation rationnelle ; ils sont complétés par deux mares. Une amorce de réseau parcellaire a été reconnue, vers le nord.

Les vestiges mobiliers peu nombreux, attestent un niveau social peu élevé, à l'image de nombreux sites ruraux de la Seine-Maritime pour la période gauloise. Ils se composent presqu’exclusivement de tessons de céramiques tournées ou non (337 vases) caractérisant une vaisselle à usage domestique de tradition culinaire indigène (bouillie). Le répertoire se rattache à celui bien connu du nord de la Seine-Maritime (Dubois 1997). Le mobilier métallique est très mal conservé. Le stade de corrosion avancé des quelques éléments recueillis ne permet que rarement d’identifier les objets. On ne note pas d'élément de cuisine et seuls une serpette et un outil non déterminé témoignent d’activités domestiques. La parure, rare sur les occupations rurales classiques, apparaît ici avec un unique bracelet creux en tôle de bronze. Deux scories et une loupe suggèrent l’hypothèse d’une activité métallurgique limitée à l’époque laténienne. L’armement est évoqué par un fer de lance à douille ouverte fragmenté (st. 32 datée de la période augustéenne). L’acidité du sol n’ayant pu préserver les restes osseux, il n’est pas possible d’avoir une idée sur les pratiques d’élevage et la consommation des viandes. Tout au plus, les quelques rares ossements conservés – dents – évoquent la présence d’ovins et de bovidés.

Á partir d'une implantation primitive étendue et diversifiée, caractérisée par plusieurs enclos, le recentrage et la simplification du plan suggèrent une transformation des activités de cet établissement dès la fin de La Tène finale (aux environs de la Conquête).

Ces modifications aboutissent à une occupation au plan “étriqué” dès la fin du Ier siècle. L'établissement disparaît à la fin du IIe siècle.

Présence d'un habitat mérovingien dans le voisinage ?

Un petit groupe de neuf sépultures est installé au début du VIIe siècle sur l'emprise de la ferme (Enclos II). Les tombes se rattachent aux pratiques funéraires de cette époque. Les offrandes mobilières témoignent d'un groupe au statut social modeste. Il est fort probable qu'en dehors de l'emprise existe un noyau d'occupation rural (hameau ?) et précaire (abandon du cimetière vers le milieu du VIIe siècle).

Perspectives

Les données récentes et publiées sur les établissements ruraux d'origine indigène sont pauvres pour ce secteur géographique jusqu’à l’embouchure de la Béthune. Á l’exception des fouilles sur le tracé autoroutier A. 29, entre Neufchâtel-en-Bray et Aumale (È. Mantel à paraître), le diagnostic réalisé sur la ZAC des Essarts à Callengeville (Beurion 2007) et Fontaine-le-Dun/Houdetot (Maret 2007).
La fouille préventive de “L’Orée du Bois“ permet de reconnaître un établissement agricole ceint de fossés, évoluant de La Tène C2-D2 au IIe siècle, à l’embouchure de la Bresle. Elle pose ainsi les premiers jalons dans ce domaine, dans une micro-région pour laquelle les seules données se cantonnaient jusqu'alors aux informations de la prospection-inventaire (Mantel 1997, 1998).
En l'état actuel des connaissances, tout essai de comparaison semble prématuré. Celui-ci repose sur l'établissement préalable d'un corpus que les prochaines fouilles préventives sur ce secteur ne manqueront pas d'alimenter.

Sophie Devillers
Guillaume Blondel
Alice Bourgois
Nicolas Fournier
Titulaire de l'opération Laurent Cholet

mobilier

Résultats du diagnostic réalisé "ZAC de Gros Jacques" à St-Quentin-la-Motte-la-Croix-au-Bailly

La première campagne de sondages archéologiques, réalisé du 4 au 7 juin (tranche 1) et du 7 au 14 décembre 2007 (tranche 2), sur la phase 1 du projet d'aménagement de la “ZAC de Gros Jacques” a permis de reconnaître 102 structures, sans mobilier archéologique associé.
Seuls les fossés permettent de dégager une structuration du sol en parcelles. Les orientations observées (Ouest-Sud-Ouest/Est-Nord-Est et Nord-Ouest/Sud-Est) permettent de pressentir deux ou trois réseaux parcellaires, successifs, qui peuvent se rattacher pour partie à la villa gallo-romaine des “Trente”, orientée de la même manière et distante d'environ 500 mètres. Les angles de deux enclos (st. 2-3 ; st. 47-48), associés à la rareté des vestiges repérés au nord de ces derniers, permettent d'avancer l'hypothèse d'une cadastration qui n'irait pas au-delà de ces traces. Bien entendu, l'état fragmentaire de la documentation, issue de ces premiers sondages, ne permet pas de se projeter au-delà de ce constat. Néanmoins, en toute probabilité, les sondages des parcelles de la phase 4 apporteront, à coup sûr, des éléments de réponse et bien plus à ce dossier concernant la riche villa des “Trente”.

Sophie Devillers

Résultat de la fouille de Berneval-le-Grand “Les Basses Fosses“

La fouille préventive réalisée à l'automne 2007 au lieu-dit “Les Basses Fosses” à Berneval-le-Grand a permis de reconnaître des systèmes d'enclos fossoyés, structures en creux, appartenant à un établissement agricole de la fin de l'âge du Fer et de l'éqoque gallo-romaine. Les études du mobilier sont en cours.

Sophie Devillers
Guillaume Blondel
Nicolas Fournier
Laurent Cholet